Santé. Les grands chantiers qui attendent le nouveau ministre

CSU, gestion harmonieuse des ressources humaines, construction, réhabilitation et viabilisation des infrastructures sanitaires font partie des urgences.

 C’est l’une des belles et grandes entrées de ce remaniement gouvernemental de Paul Biya. Manaouada, Malachie, le nouveau ministre de la Santé. C’est cet administrateur civil principal de 45 ans réputé pour sa rigueur, son sérieux et son dynamisme, qui porte désormais les espoirs d’amélioration et de modernisation du système de santé au Cameroun. Le fait qu’il soit jeune et actif sur les réseaux sociaux avec notamment un compte tweeter actualisé, ne sont sans doute pas anodins. Dans un contexte de pauvreté grandissante, avec des disparités entre zones urbaines et rurales, le manque criard de personnel surtout au niveau rural, 20-25% seulement des équipements médicaux opérationnels et un taux de fréquentation des hôpitaux s’élevant à 30% seulement, le nouveau Minsanté ne devra pas se retourner les pousse, tout en poursuivant ainsi,  chantiers laissés par son prédécesseur, André Mama Fouda. Au rang de ceux-ci, la réhabilitation de la carte sanitaire, la construction de 32 forages, l’achèvement et la mise en service des hôpitaux régionaux de référence, la construction de 130 Centres médicaux d’arrondissement (CMA) et Centres de Santé Intégrés (CSI), et l’équipement en matériel médical de 66 CMA et CSI.

Seulement, l’un des grands challenges réside en la viabilisation de ces formations sanitaires existants déjà sur l’étendue du territoire.  Ceci en lieu et place de la vaste offensive de création de nouvelles formations sanitaires dans laquelle le ministère de la Santé publique est lancé. En effet, selon une évaluation de la Stratégie sectorielle de santé (SSS) pour la période 2016-2027, seul 7% des districts de santé sont viabilisés au Cameroun. En d’autres termes, 93 % des districts de santé créés au Cameroun ne sont pas en état de fournir un service de santé adéquat aux populations. Or, l’objectif visé par les pouvoirs publics est d’atteindre le cap de 80% de districts de santé viabilisés à échéance.

Autre grand chantier et pas des moindres, la couverture santé universelle (CSU), si chère à Paul Biya et porté par son prédécesseur. Laquelle va mobiliser dans sa mise en place, la construction de 332 Formations sanitaires dont 18 hôpitaux de districts (HD), 27 CMA et 287 CSI. Dans le même temps, 10281 personnels de santé dont les pédiatres, médecins, généralistes, IDE et d’autres, sont à recruter ; 1303 formations sanitaires en attente de réhabilitation (85 HD, 166 CMA et 1082 CSI). Et ce n’est pas tout. La mise en place de la CSU prévoit aussi la construction de 1046 toilettes modernes pour limiter la défécation à l’air libre si chère aux populations du Grand-Nord et 926 Fosa à approvisionner en eau potable. Pour lutter contre le paludisme, en 2019, sera organisée la 3e campagne de distribution de masse de plus de 14,8 millions de Milda dans tout le pays, en trois phases : mars, mai et septembre.

Grand- Nord

Mais dans l’immédiat, le nouveau Minsanté devra s’attaquer à l’épineux problème du plateau technique vétuste, avec un manque criard des ressources humaines en qualité et quantité qui fait tant défaut aux Fosa et à livraison des chantiers du Planut. Notamment dans la partie septentrionale, où les travaux accusent de grands retards. A l’hôpital de référence de Maroua par exemple,  c’est à peine 20% du taux de réalisation. Au Nord, le chantier de l’hôpital de référence de Bockle à Garoua avance à pas de tortue, même s’il est fort de près de 50% de réalisation, avec les bâtiments qui sortent déjà de terre et le squelette visible de l’hôpital. Toujours dans cette partie du pays au système sanitaire qui s’est affaibli, comment oublier aussi, l’épidémie de choléra qui vient de secouer le Nord et l’Extrême-Nord, avec 991 cas notifiés au 21 décembre 2018. Laquelle a fait 58 décès. Comment oublier aussi le Pian, la rougeole à l’Extrême-Nord et le Centre d’imagerie médical de Maroua construit mais à l’abandon pour cause de non équipement et d’autres problèmes tels que le manque de motivation des agents de santé communautaires (ASC) qui appuient pourtant les Fosa dans plusieurs activités et d’énergie électrique dans les Fosa de brousse. « Sans énergie électrique, pas d’activités de bloc opératoire et comme nous n’avons pas d’ambulances en périphérie, nous sommes obligés de transporter les urgences chirurgicales sur les motos avec toutes les conséquences de nous connaissons », s’insurge un médecin en service dans le Mayo-Danay. Fort heureusement, le ministère a prévu dans son budget de 207 milliards de Fcfa pour l’exercice budgétaire de 2019, d’acquérir 16 groupes électrogènes.

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